Espace 251 Nord

Actualité

Rechercher


Découvrir

Magda Amarioarei

Marcel Berlanger

> Pierre Berthet

J-M Gheerardijn

Selçuk Mutlu


Presse

Informations pratiques


/////////////////////////////ARCHIVES 2011 : PIERRE BERTHET


Espace 251 Nord accueillait pendant le mois d'avril 2011 Pierre Berthet à la Brasserie Haecht pour la préparation d'une soirée organisée par La Médiathèque le 30 avril 2011 à la chapelle Saint-Roch en Volière.


La soirée du 30 avril 2011: Galiléo – Expirateurs – Gouttes Prolongées

Pierre Berthet joue une partition de Tom Johnson, compositeur minimaliste américain, sur un dispositif ingénieux inventé par ce même compositeur : le galileo. Cet instrument est constitué d’un arc tubulaire auquel sont accrochées des cordes de longueurs différentes. Au bout de ces cordes sont suspendues cinq barres métalliques, elles aussi, de taille différentes. Cinq barres, cinq notes, aux multiples variables.

Combinaison de figures isolées, l'exercice de l'accrochage est toujours un rébus. Il est en effet le lieu d'agencement des images, des figures menant à la grande image, à la compréhension d'un ensemble comme projeté. Mais menant aussi à l'image subvertie, celle – plus énigmatique – enfouie dans le dédale du sens. A rebours, le rébus n'a en effet rien à voir avec les signifiants qui la composent. La phrase ou le mot (le tout) est à l'origine, vient toujours ensuite le travail paradoxal de décomposition en parties. L'exposition est ici la création d'une énigme avec l'improbabilité comme moteur.

La musicalité provient du balancement des pendules. Comme l’explique Pierre Berthet, paraphrasant Galilée, « le balancement et donc le rythme ne dépend pas du poids ni de la taille de l’objet au bout de la corde mais de la longueur de la corde. » Il explique un charabia de proportions et de mesures ou, en d’autres mots, comment les paramètres du dispositif peuvent alterner la tonalité.

Pour initier le son, le performeur musical donne de l’élan aux barres suspendues. Puisant à tour de rôle dans sa réserve de bâtons et de baguettes, il cogne avec précision les notes en vol. Il est concentré, ravivant sans cesse le mouvement de va-et-vient, comptant et décomptant dans sa tête les battements de la partition. Une partition qui paraît simple – il n’y a que cinq notes – mais qui est en fait d’une rigueur claire.

Peu à peu, le balancement des sons agit. La rythmique répétitive, gonflée par la beauté pure et tenace des sons dans l’air, ouvre des étendues infinies, nous coupe du reste du monde. Chaque tintement se fond doucement dans l’espace, tel celui des cloches d’une église ou du gong d’un temple isolés. L’esprit plane au-delà de la ville, découvre une plaine verte et vide.

Un bel instant, nous oublions la ville et ses moteurs.

Quelle paix ! (texte Sébastien Noulet)


+SUR LE MEME THEME

Le site de Pierre Berthet

La Brasserie Haecht (panophotographie de Tito Dupret)


newsLETTERS
S'abonner Se désabonner