/////////////////////////////ARCHIVES 2011 : SELCUK MUTLU
Dans le cadre de la résidence de production dont bénéficiait Selçuk Mutlu depuis l’hiver 2010 au sein des locaux d’Espace 251 Nord, son atelier était ouvert au public les 6, 7, et 8 mai 2011. Cette ouverture permettait de découvrir les investigations plastiques faisant suite à la première résidence que l’association Liégeoise avait attribuée, en 2007, à l'artiste Belge d’origine turque.
Selçuk Mutlu
Le charme et l’apparente douceur de Selçuk Mutlu envahissaient, depuis l’hiver 2010, les salles de la résidence de production d’Espace 251 Nord, à Liège. Tourmenté par un monde en total déséquilibre, l’artiste se libère de son effroi initial en s'impliquant dans un travail où l'ironie, la violence et le doute côtoient les mots et les maux d’un monde qu’il juge critique.
Dandy heureux, artiste inquiet ! Cette dualité complexe qui le défini se traduit dans des œuvres qui se veulent déroutantes. Comme ces toiles peintes avec du sang de porc et représentant des détails des œuvres de La Scuola Grande di San Rocco (Venise) peintes par le Tintoret. Ou cette vidéo réalisée avec son ami et collègue, l'autoproclamé «Petit Maître liégeois de la seconde moitié du XXème siècle», «Maître de la médiocrité», Jacques Lizène. Des références à l'Histoire contemporaine, mais aussi à son histoire personnelle participent à l'expression d'un pessimisme pictural contenu et fort.
Jacques Lizène/Selçuk Mutlu - Sans titre (2007-11) - Triptyque [partie II]
À l’aide de ses brosses, Selçuk Mutlu pointe les décadences d'une société en proie au vide, comme ce papier titré Landscape, où grâce à des gestes puissants, c’est toute l'horreur d'un paysage dévasté par une guerre quelconque qui nous est racontée.
Sur plusieurs de ses œuvres sur papier figurent un motif devenu récurrent chez l’artiste : celui du crâne humain. Ainsi cette pièce figurant un squelette dont la face, tourné vers un ciel enneigé – Snow white – qui semble se foutre de lui-même, de nous, de tout. Cette formule, maintes fois répétée, nous remémore l'inéluctabilité de notre destinée humaine, traduite il y a bien longtemps déjà par l’Ecclésiaste: « Vanité des vanités, tout est vanité.»
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